Parler et écrire sur le suicide : pourquoi c’est important, ce qu’il faut dire

Parler et écrire sur le suicide : pourquoi c’est important, ce qu’il faut dire

Le suicide est une tragédie évitable. Savoir que dire et que faire lorsqu’une personne a des pensées suicidaires peut sauver des vies. La façon dont nous parlons du suicide est importante et les effets de ces discussions vont bien au-delà des conversations avec les proches. Les recherches suggèrent que la manière dont les journalistes écrivent sur le suicide peut augmenter le taux de suicide. Une approche constructive du reportage et de la discussion sur le suicide permet de sensibiliser et de cultiver l’empathie sans pour autant sensationnaliser la mort.

 

Pourquoi faut-il parler de suicide ?

Les personnes qui parlent de suicide ne le font pas pour attirer l’attention. Aborder le suicide peut être très difficile, donc si quelqu’un aborde le fait, cela suggère qu’il veut de l’aide. Le suicide est rarement impulsif et de nombreuses personnes qui meurent par suicide en ont d’abord parlé avec un proche.

Les personnes préoccupées par les émotions d’un proche devraient envisager d’aborder le sujet du suicide. Le fait d’initier une discussion n’implante pas l’idée. Au contraire, cela peut fournir un espace sûr pour parler de sentiments stigmatisés.

 

Bien traiter du suicide dans le journalisme ?

Les médias ont tendance à s’appuyer sur les stéréotypes et les clichés lorsqu’ils traitent du suicide, comme le prouve cette vidéo 1444 https://www.yulbiz.org/la-video-1444-est-elle-maudite/

Pourtant, de multiples facteurs entrent en ligne de compte dans la décision d’une personne de s’enlever la vie. Les reportages qui passent sous silence cette nuance donnent l’impression qu’un seul mauvais événement suffit à conduire au suicide.

De même, les reportages qui se concentrent uniquement sur les caractéristiques positives de la personne décédée peuvent rendre le suicide “glamour”. Les personnes qui se sentent désespérées pourraient penser qu’on se souviendra d’elles de la même manière. Il en va de même pour les reportages qui mettent en avant les réactions des proches.

Les experts font les recommandations suivantes aux journalistes qui traitent du suicide :

  • Évitez les titres sensationnalistes qui mettent l’accent sur le suicide ou la méthode de décès. Rapportez plutôt les faits et évitez d’utiliser le suicide comme un sujet qui attire l’attention.
  • Utilisez des photos neutres, comme des photos d’école, plutôt que des images de la famille endeuillée.
  • Incluez les coordonnées d’une ligne d’assistance téléphonique sur le suicide.
  • Évitez le langage hyperbolique tel que « épidémie de suicide ». Utilisez un langage spécifique tel que « hausse du taux de suicide ».
  • Ne pas utiliser le terme « réussi » pour désigner un suicide accompli.
  • Ne caractérisez pas un suicide comme soudain ou sans avertissement et ne vous concentrez pas sur un seul facteur précipitant, comme une perte d’emploi. Incluez plutôt une liste de signes d’alerte et de tactiques d’intervention.
  • Ne mettez pas en évidence ou ne fournissez pas d’extraits d’une note de suicide.
  • Ne traitez pas le suicide comme un acte criminel ou n’en rendez pas compte d’une manière similaire aux actes criminels. Concentrez-vous sur le suicide en tant que problème de santé publique.
  • Ne pas interviewer ou citer la police ou les premiers intervenants. Demandez plutôt l’avis d’experts en prévention du suicide ou en santé mentale.
  • Ne décrivez pas la méthode de suicide, surtout pas en détail graphique.